L’année de la femme : les chausse-trapes d’un « fil rouge » égalitaire à géométrie variable

L’année de la femme : les chausse-trapes d’un « fil rouge » égalitaire à géométrie variable

Mettre à l’honneur la lutte pour l’égalité des femmes cette année est une excellente initiative, pourvu que cette cause légitime et juste ne soit pas oubliée après 2017, effacée de nos consciences l’an prochain par un thème plus à la mode.

Ce combat si crucial sera-t-il enfin gagné le 31 décembre au soir ? Le doute est permis.

Nul ne conteste que le principe mérite d’être promu à Taverny au-delà des déclarations d’intention et même d’être élargi : il faudrait l’étendre au respect du genre humain dans son ensemble et à tou(te)s les Tabernacien(ne)s, pour 2017 et les années à suivre. En faire un engagement d’intérêt général.

Oui, dans le monde réel, les familles qui se trouveraient laissées pour compte avec l’éviction du Secours Populaire à Taverny par exemple, sont également composées de femmes, et elles sont susceptibles de trouver la pilule bien amère dès aujourd’hui dans leur vie quotidienne de mère, de fille ou d’épouse.

D’autre part, les nombreuses citoyen(ne)s qui auraient eu le détestable toupet de ne pas voter pour l’actuelle majorité aux commandes à Taverny doivent se sentir également bafoué(e)s lorsqu’on dénigre sans argumentation solide les actions de l’ancienne équipe municipale de façon radicale. Et cela avec les moyens de communication financés par l’ensemble de la collectivité.

Tout(e) élu(e) devrait rechercher la confiance et l’adhésion du plus grand nombre au-delà de sa propre majorité pour être crédible et efficace. Or, le respect des élus municipaux de l’opposition (actuels ou passés) –hommes ou femmes- paraît allègrement foulé au pied.

Les mots, les actes et les symboles ont un sens et une réelle portée. Remplacer dans la tribune d’expression le titre d’ « Opposition » par celui de « Minorité » paraît lourd de sous-entendus et révèle une volonté délibérée de dépréciation de l’autre totalement décomplexée. Que de maladresse pour 60 % des votants femmes ou hommes « mineurs » aux municipales de les ramener sans cesse à leur minuscule condition d’administré(e)s de seconde zone !

La sérénité et la possibilité d’émettre des avis contradictoires devraient être préservés à Taverny comme ailleurs, pour qu’y règnent la liberté, l’égalité et la fraternité entre citoyens, au-delà des postures commodes et des photos de drapeaux étalées dans le magazine municipal. Pour que les rapports hommes-femmes gagnent en harmonie, il convient que l’exemple vienne d’en-haut, il faut beaucoup plus que se payer de mots : cela nécessite d’écouter et bien sûr de trancher, mais en évitant de dévaluer les convictions de ses opposants et de leur dénier toute qualité ou même leur représentativité (pour mémoire les résultats étaient de 38 % pour l’UMP, 31 % pour le PS, 16 % pour le FN et 13 % pour le Front de Gauche aux dernières élections municipales de 2014).

Femmes ou hommes, élevons tous ensemble le débat pour atteindre une société pluraliste et libre, au-dessus des ragots locaux sans intérêt qui seraient rapportés complaisamment à la presse et des affirmations malvenues. Dépassons nos différences, nos divergences, soyons toutes et tous honnêtes, exemplaires, transparents et l’image des femmes en sortira grandie, en 2017 et bien au-delà.

Sophie

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