Je me sens bien à Taverny

Je suis née  à Paris, et après y avoir vécu de nombreuses années je suis devenue tabernacienne il y a 30 ans maintenant.

Quitter Paris pour venir en banlieue n’a pas été facile, mais des impératifs familiaux m’y avaient contrainte ; le Val d’Oise me rapprochait de mon lieu professionnel et Paris n’était pas si loin.

Taverny était une ville arborée, propre, agréable où il me semblait pouvoir bien vivre, et  la forêt était un atout supplémentaire pour qui aime les balades et la nature.

A l’époque, je l’identifiais à une petite ville de Province avec ses commerces qui l’animaient, puis hélas, à tour de rôle, le poissonnier et le maroquinier de la rue de l’Eglise, le bijoutier et le cours des halles rue de Paris ont fermé leurs portes et aujourd’hui son cinéma. L’avenue de la Gare n’a pas été de reste avec son chausseur, son marchand de vêtements, son pressing, tout comme la rue Foch et son magasin de bricolage et arts ménagers, etc…

Aujourd’hui, les banques, agences immobilières, ont majoritairement fleuri dans notre ville, et les magasins de Pizzas aux devantures inesthétiques sont venus ajouter une touche de mauvais goût (je parle des devantures, pas des pizzas!) dans notre centre-ville, mais rassurons-nous, lorsque nous disparaitrons à notre tour, nos héritiers auront le choix entre les deux boutiques de pompes funèbres mitoyennes.

Le cœur de la ville est devenu inaccessible pour qui est contraint de s’y rendre en voiture et les difficultés de stationnement contribuent à cette désertification, au bénéfice des hypermarchés à la concurrence impitoyable. La disparition des petits commerces, lieux d’échanges et de convivialité qui nourrissent un lien social, déshumanise la ville, sans compter les pertes d’emploi et de revenus supplémentaires pour la commune.

« Il n’y a pas de commerce en forme quand la ville est malade et il n’y a pas de ville en forme quand le commerce est malade » (R.Rochefort rapport CREDOC 2008)

Malgré ce constat, je me sens bien vivre à Taverny et je me réjouis de la  présence de la culture dans cette commune.

Depuis de nombreuses années, l’Automne Musical et le Centre Culturel…pardon, le théâtre Madeleine Renaud  (oui tiens, mais pourquoi pas le nom de son initiateur?) proposent des programmes variés.

« La ville doit vivre aussi par ses citoyens, qu’il est important de voir se fédérer autour d’actions sociales et solidaires. »

L’Art se veut présent et s’ouvre intensément à la musique. Certains affirment que la musique aurait l’importante fonction de rendre plus intelligent… mais, sans aller jusque-là et vouloir démontrer le prétendu « effet Mozart », la musique fait indéniablement du bien à celui qui l’écoute et à celui qui la pratique. Pouvoir, à Taverny, accéder à cet art est une chance pour tous.

Mais qu’en est-il de la peinture?  Elle me semble parent pauvre malgré son beau salon annuel, amputé d’une semaine, et n’ouvrant en principe ses portes qu’aux œuvres sur toile et aux galeries.

Il est dommage que les tabernaciens pratiquant cet art sur papier, se voient contraints de fréquenter des salons alentours ou de participer à des ateliers hors les murs pour partager leur passion.

La ville doit vivre aussi par ses citoyens, qu’il est important de voir se fédérer autour d’actions sociales et solidaires. La récente association « Tavernynov » que je viens de découvrir par l’intermédiaire du journal qui en émane et où chacun peut s’exprimer librement, est preuve de cette volonté d’ouverture aux autres par le partage de compétences, de réflexions, de culture et de passions, en faisant abstraction de toutes idéologies autres que sociales et citoyennes.

Annie

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